Tu ne tueras point (Le club ciné)

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Le Club-ciné du Lycée St Rémy a vu: 

TU NE TUERAS POINT  de Gibson (mi décembre 2016)

Synopsis: 

Desmond T. Doss est patriote et très croyant. Dans la bible, il est écrit « tu ne tueras point ». Un principe auquel il tient particulièrement. Quand la seconde guerre mondiale éclate, il est enrôlé comme tous les jeunes de son âge. A l’entraînement, il ne veut pas utiliser une arme à feu, ce qui lui vaut d’être le souffre-douleur des autres appelés. En tant qu’infirmier, il veut aller sur le front mais refuse de prendre part directement au combat ne voulant pas avoir de sang sur les mains. Il trouve un autre moyen d’agir en tant que soldat : Lors de la bataille d’Okinawa (ile du Pacifique), il parvient à ramener en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés…

 Avis: 

Ce film a tous les codes du cinéma hollywoodien: La grande fresque épique, le personnage principal naïf, innocent, incompris qui deviendra un héros national, l’histoire d’amour sur fond de deuxième guerre mondiale qui fait penser au film Pearl Harbor, l’ambiance masculine et potache de casernement qui rappelle Full métal Jacket…Un sentiment de déjà vu s’empare du spectateur donc! mais on peut envisager ces analogies comme un hommage rendu au cinéma qu’aime le réalisateur. Au-delà des clichés parfois appuyés, on est face à face avec un film hyper-réaliste sur la guerre et ses atrocités. La dureté des combats est bien filmée, les mouvements de caméras, les ralentis ajoutent des effets cinématographiques qui orchestrent très bien ces scènes d’un grande violence. Nous n’avions pas vu un tel réalisme de guerre depuis Il faut sauver le soldat Ryan.

Mel Gibson ne nous épargne pas la violence que la guerre suscite dans les deux camps (Américains et Japonais), la folie meurtrière qui s’empare de ces hommes et des dégâts qu’elle cause d’un point de vue physique (membres arrachés par les éclats des grenades, visage brulé par les lances-flammes, décapitation par les baïonnettes…et bien sûr la mort partout) et d’un point de vue psychologique (le regard hagard de ces hommes, revenant du terrain, traumatisés; le père du Héros, ancien soldat de la première guerre devenu ivrogne et violent avec sa famille après son retour de la guerre, incapable d’accepter d’avoir survécu alors même que ses camarades sont morts au combat…). Le héros aurait pu reproduire cette spirale de violence qu’il a vécu à travers son histoire familiale et ses propres comportements d’adolescent (il manque de tuer son frère avec une brique quand ils sont jeunes= référence à Abel et Caïn dans la Bible) mais il trouve la force à travers sa croyance en Dieu et en ses commandements d’y résister. Il force le respect par son absolue foi qui le guide dans toutes ses actions et il s’obstine à vouloir s’engager comme les autres au côté des troupes Américaines mais sans porter d’arme. Mel Gilson montre bien l’incompréhension du bataillon dans lequel évolue Desmond qui le considère d’abord comme un lâche: celui qui ne veut pas porter une arme, ne veut pas combattre, ne peut pas être un homme courageux, un homme valeureux. La deuxième partie du film, dans la violence des combats, montre que ce personnage est au contraire courageux et capable d’accomplir des actes d’un héroïsme impressionnant en dépit du danger qu’il court. Ce film est avant tout une dénonciation de la guerre et de l’héroïsme de façade qu’elle semble véhiculer (l’uniforme, la défense de valeurs Démocratiques à travers la mort des ennemis, la peur du déshonneur qui conduit certains Japonais au Harakiri…). En filigrane, ce film pose la question de ce qu’est le vrai héroïsme? Mel Gibson tend à nous répondre qu’il n’est pas dans la violence mais dans la démarche de Desmond qui sauve des vies, des humains et pas seulement des soldats Américains.

C’st aussi un film qui se positionne contre les armes, perçues comme seul mode de protection (personnification de l’arme lors de l’entrainement du bataillon). Le personnage principal trouve le moyen de sauver des vies et de sauver la sienne sur un théâtre d’opération alors même qu’il ne porte pas d’armes.

La force du film réside aussi dans le fait même qu’il s’appuie sur une histoire vraie en y restant fidèle (Les témoignages des survivants et de Desmond en particulier à la fin du film).

Mel Gibson est nommé aux Golden Globes comme meilleur réalisateur pour ce film…

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